17/03/2014

Rendez-nous la VSO!

detail_quelle-ecole-P3.jpgA peine la LEO (loi sur l'enseignement obligatoire) entrée en vigueur qu'elle fait déjà des ravages, autant parmi les élèves que chez les enseignants. Le problème principal réside dans la suppression de la VSO (niveau élémentaire) et son remplacement par des classes de VG (niveau moyen) à niveaux.
Les opposants à la LEO prédisaient déjà un avenir noir pour la nouvelle loi mais certains politiciens ont préféré les ignorer et s'entêter dans une reforme qui tient plus de l'idéologie que d'un quelconque rapport à la réalité.

Actuellement, les élèves les plus en difficultés sont enclassés en VG. Cela veut dire qu'ils peuvent se retrouver dans des classes allant jusqu'à 20 élèves (dans les faits, c'est souvent plus). Ils sont répartis par groupes de niveaux en français, mathématiques et allemand. En règle générale, ces élèves sont en niveau 1 (sur 2) dans la plupart de ces branches. Concrètement, cela veut dire que ces classes sont éclatées en sous-groupes pour 50% des heures hebdomadaires. Elles sont actuellement très hétérogènes avec des élèves qui envisagent des études académiques et d'autres qui sont en décrochage scolaire quand ce n'est pas en rupture complète avec l'école. Dans de nombreux cas, lorsque le maître de classe enseigne uniquement l'une des trois branches principales précitées, et c'est souvent le cas, il y a toujours une partie des ses élèves qu'il ne voit jamais et cependant, il est considéré comme leur répondant principal vis-à-vis des parents et de la direction.
Pour toutes les autres branches qui ne possèdent pas deux niveaux, les élèves les plus en difficulté sont obligés de suivre des cours correspondant au niveau 2, c'est-à-dire le niveau le plus élevé qui correspond réellement au niveau de l'ancienne VSG (niveau moyen). Dans la plupart des cas, ils ne s'en sortent pas. Ils sont en échec. Qui peut leur en vouloir? Ces élèves auraient précédemment été enclassés en VSO et les cours dispensés auraient pu être adaptés à leur réelles compétences. Le message qu'on leur donne est tout à fait contradictoire. On leur fait croire qu'ils ont le niveau d'être là où ils sont mais leurs résultats disent le contraire. Ces jeunes sont, pour plusieurs d'entre eux, condamnés à l'échec s'ils ne peuvent pas être reversés dans des classes adaptées à leur compétences, mais le département, au travers de la LEO, en a décidé autrement, en supprimant la voie de compétences élémentaires qui avait pour but de les préparer à la formation professionnelle.

Aujourd'hui, les élèves les plus en difficultés, qui auraient besoin de stabilité et de classes adaptées à leurs compétences sont mélangés à d'autres élèves dont les compétences et les aspirations professionnelles sont à des kilomètres des leurs, dans des classes à grands effectifs. Ils sont ballotés d'un groupe à l'autre, ils ne voient pratiquement plus leur maître de classe et ils suivent la moitié de leurs cours dans un niveau qui n'est pas le leur (il faut savoir que lorsque les cours ne sont pas répartis en deux niveaux, c'est automatiquement le meilleur niveau qui fait fois). Ils ne cessent de voir des résultats insuffisants sur leur bulletin de notes et n'entraperçoivent comme perspectives que l'échec et le redoublement. Et après on s'étonne que dans ces classes il y ait des problèmes de discipline.

Et que dire du travail de l'enseignant? Il ne voit plus tous ses élèves, il est chaque jour tiraillé entre son désir d'atteindre les objectifs légitimes du plan d'étude, de donner à manger aux bons élèves et en même temps, il se rend bien compte qu'une partie de la classe n'arrive pas à suivre. Cette situation d'hétérogénéité, avec des élèves en rupture scolaire qui n'ont pas le sentiment de pouvoir être rejoints, engendre de nombreux comportements destructeurs et perturbateurs de la part de ces élèves qui se retrouvent complètement perdus et qui ne savent pas comment réagir. Les enseignants sont débordés, au bord de la rupture et rentre chez eux avec le sentiment d'être incapables de remplir le mandat qu'on leur a confié en sachant que de toute façon, ils devront laisser une partie des élèves de côté.

Nous avons enterré la VSO, jugée discriminante par certaines de nos élites pour se donner l'impression d'avoir résolu le problème des élèves en difficulté. D'ailleurs, une des premières phrases de la cheffe du département de la formation suite à l'introduction de la LEO était de dire que "le nombre de bons élèves est plus élevé qu'avec les trois voies". On se demande bien par quel tour de magie elle a réussi à rendre tous les élèves meilleurs grâce à quelques articles de loi. Allons demander à ces élèves s'ils se sentent moins discriminés en étant confrontés chaque jour à des résultats médiocres.
La VSO avait la vertu d'être une voie adaptée au niveau de ces élèves, avec des classes à effectifs réduits, un maître de classe très présent, encadrant et rassurant pour ces enfants en grand besoin de stabilité et d'affection. Elle leur permettait de préparer un véritable projet professionnel hors du milieu compétitif de la VG. Avec la LEO, nous allons dans la direction opposée et une question va indéniablement se poser: faut-il accepter ces échecs programmés ou baisser le niveau général de la VG, niveler par le bas en quelque sorte?

Aucune de ces deux solutions n'est sérieusement envisageables. Si on baisse le niveau de la VG, on condamne les meilleurs élèves à l'échec assuré dans leur formation futur et si on maintient le niveau actuel, ce qui est indispensable, on génère un nombre invraisemblable de décrochage scolaire et d'échec à répétition.

Il n'y a donc qu'une solution envisageable: rétablir une VSO (ou une voie pré-professionnelle avec des exigences élémentaires) de manière à permettre aux meilleurs élèves de progresser à leur rythme et d'envisager un maximum d'options professionnelles et aux élèves les plus en difficultés de se retrouver entre eux, dans un cadre sécurisant et adapté à leurs aptitudes, avec un vrai maître référent qui saura les guider vers la réussite comme ce fut déjà le cas par le passé. De plus, nous redonnons aux enseignants une véritable perspective à leur travail avec la satisfaction de pouvoir véritablement aider chaque élève.

12/03/2014

Pour une Suisse unie et respectueuse de sa diversité politique

suisse.jpgDepuis le 9 février nous voyons apparaître un peu partout des drapeau représentant une moitié de croix suisse, des personnes qui disent représenter "l'autre Suisse". Nous voyons des personnes apparemment frustrées, déçues et qui semblent fustiger une "autre suisse" qui aurait voté différemment.

Je souhaite m'opposer à cette tendance qui visent à diviser la Suisse et les suisses. Nous sommes un pays fait de différentes langues, différentes cultures, différents cantons, différentes nationalités et pourtant, nous avons choisi d'unir nos destinées pour le bien commun de notre pays et de chacun de ces concitoyens.

Cette construction ne s'est pas faite du jour au lendemain, cela a pris du temps. Il y a même eu des guerres et des personnes ont même offert leur vie pour que notre pays existe et soit aussi prospère qu'il l'est aujourd'hui.

Lorsque j'étais plus jeune, je construisais des parcours avec des dominos, cela me prenait des heures pour dessiner un grand parcours. Parfois, lorsque j'étais maladroit, j'en renversais un et tous les autres tombaient à la chaîne. Malgré tout, je persévérais et finalement, j'arrivais au bout de ma construction. Lorsque venais enfin le moment de tout détruire, je faisais tomber le premier dominos et tous les autres tombaient à sa suite. Je pense que cela devait prendre tout au plus 30-40 secondes pour 3-4 heure de travail de construction.

Tout cela pour dire que détruire, c'est très facile et très rapide et j'ai l'impression que plusieurs de mes concitoyens, que je respecte en tout point, ont choisi ce chemin de destruction, de division, de séparation. Ce chemin est à l'opposé des valeurs que je respecte et que notre pays a mis des années à construire et à valoriser. Il y a un grand risque à cette démarche: c'est que notre pays en ressorte réellement divisé et que les plaies soient difficiles à refermer. Il restera des séquelles et le travail de réparation ne se fera pas sans peine.

Je souhaite lancer un appel à toutes ces personnes qui aujourd'hui sont déçues, frustrées, choquées peut-être qu'une majorité des suisses, certes maigre, mais une majorité tout de même ait choisi un autre destin pour notre pays. Chaque citoyen a de la valeur et chaque vote a compté de la même manière. Notre pays s'est toujours démarqué par sa manière de respecter l'autre, même lorsque nous sommes en désaccord. Notre démocratie, c'est accepter la victoire comme la défaite. Les suisses qui ont voté OUI avaient de bonnes raisons de le faire et leurs raisons étaient tout aussi bonnes que celles des personnes qui ont voté NON. Maintenant il s'agit de prendre acte de la décision prise et d'aller de l'avant à partir de l'endroit où nous sommes et non de refuser la réalité. Tant que tous les suisses ne décideront pas d'aller de l'avant et de trouver des solutions incluant la réalité du vote, nous ferons du surplace, nous exacerberons nos différends et nous montreront une image divisée à tous les pays qui nous tiennent en exemple.

Je suis convaincu que la Suisse peut être un exemple pour les pays qui nous entourent, un pays qui a su rester en paix en respectant l'autre, son avis et les minorités qui composent notre pays. Nous sommes au centre de l'Europe et tout le monde nous regarde. Si nous croyons que notre démocratie semi-directe est une bonne chose, nous devons assumer les fois où elle ne nous conduit pas où nous l'aurions souhaité.

Je vous invite donc TOUS, suisses qui avez voté OUI et suisses qui avez voté NON à ne pas vous positionner en tant que victimes mais à poursuivre la construction de notre pays à partir de l'endroit où nous sommes avec les décisions qui ont été prise, à l'exemple de notre Président, M. Burkhalter, qui a parfaitement agi depuis trois semaines auprès de nos partenaires européens.

N'ayons pas honte d'être suisses, n'ayons pas honte du résultat. Il est le reflet d'une démocratie vivante. Au contraire, soyons fiers d'être suisses et de notre belle démocratie.