12/03/2014

Pour une Suisse unie et respectueuse de sa diversité politique

suisse.jpgDepuis le 9 février nous voyons apparaître un peu partout des drapeau représentant une moitié de croix suisse, des personnes qui disent représenter "l'autre Suisse". Nous voyons des personnes apparemment frustrées, déçues et qui semblent fustiger une "autre suisse" qui aurait voté différemment.

Je souhaite m'opposer à cette tendance qui visent à diviser la Suisse et les suisses. Nous sommes un pays fait de différentes langues, différentes cultures, différents cantons, différentes nationalités et pourtant, nous avons choisi d'unir nos destinées pour le bien commun de notre pays et de chacun de ces concitoyens.

Cette construction ne s'est pas faite du jour au lendemain, cela a pris du temps. Il y a même eu des guerres et des personnes ont même offert leur vie pour que notre pays existe et soit aussi prospère qu'il l'est aujourd'hui.

Lorsque j'étais plus jeune, je construisais des parcours avec des dominos, cela me prenait des heures pour dessiner un grand parcours. Parfois, lorsque j'étais maladroit, j'en renversais un et tous les autres tombaient à la chaîne. Malgré tout, je persévérais et finalement, j'arrivais au bout de ma construction. Lorsque venais enfin le moment de tout détruire, je faisais tomber le premier dominos et tous les autres tombaient à sa suite. Je pense que cela devait prendre tout au plus 30-40 secondes pour 3-4 heure de travail de construction.

Tout cela pour dire que détruire, c'est très facile et très rapide et j'ai l'impression que plusieurs de mes concitoyens, que je respecte en tout point, ont choisi ce chemin de destruction, de division, de séparation. Ce chemin est à l'opposé des valeurs que je respecte et que notre pays a mis des années à construire et à valoriser. Il y a un grand risque à cette démarche: c'est que notre pays en ressorte réellement divisé et que les plaies soient difficiles à refermer. Il restera des séquelles et le travail de réparation ne se fera pas sans peine.

Je souhaite lancer un appel à toutes ces personnes qui aujourd'hui sont déçues, frustrées, choquées peut-être qu'une majorité des suisses, certes maigre, mais une majorité tout de même ait choisi un autre destin pour notre pays. Chaque citoyen a de la valeur et chaque vote a compté de la même manière. Notre pays s'est toujours démarqué par sa manière de respecter l'autre, même lorsque nous sommes en désaccord. Notre démocratie, c'est accepter la victoire comme la défaite. Les suisses qui ont voté OUI avaient de bonnes raisons de le faire et leurs raisons étaient tout aussi bonnes que celles des personnes qui ont voté NON. Maintenant il s'agit de prendre acte de la décision prise et d'aller de l'avant à partir de l'endroit où nous sommes et non de refuser la réalité. Tant que tous les suisses ne décideront pas d'aller de l'avant et de trouver des solutions incluant la réalité du vote, nous ferons du surplace, nous exacerberons nos différends et nous montreront une image divisée à tous les pays qui nous tiennent en exemple.

Je suis convaincu que la Suisse peut être un exemple pour les pays qui nous entourent, un pays qui a su rester en paix en respectant l'autre, son avis et les minorités qui composent notre pays. Nous sommes au centre de l'Europe et tout le monde nous regarde. Si nous croyons que notre démocratie semi-directe est une bonne chose, nous devons assumer les fois où elle ne nous conduit pas où nous l'aurions souhaité.

Je vous invite donc TOUS, suisses qui avez voté OUI et suisses qui avez voté NON à ne pas vous positionner en tant que victimes mais à poursuivre la construction de notre pays à partir de l'endroit où nous sommes avec les décisions qui ont été prise, à l'exemple de notre Président, M. Burkhalter, qui a parfaitement agi depuis trois semaines auprès de nos partenaires européens.

N'ayons pas honte d'être suisses, n'ayons pas honte du résultat. Il est le reflet d'une démocratie vivante. Au contraire, soyons fiers d'être suisses et de notre belle démocratie.